Voeux et démocratie... ou voeux de démocratie !

Publié le 27 Décembre 2015

Après cette fin d’année marquée par les attaques terroristes et la montée de l’extrême droite partout en France, la démocratie est attaquée dans ses fondements. La défense de la devise de notre république reprend tout son sens : liberté, égalité, fraternité.

C’est dans ces moments intenses que nous sommes collectivement appelés à réfléchir au sens que nous voulons donner à notre démocratie.

Ma modeste réflexion est qu'il est temps de repenser totalement la façon d’exercer le pouvoir. Etre élu avec 50% des voix mais avec 50% de participation, cela donne, bien sûr, une légitimité mais certainement pas une validation d’un programme ou d’un projet politique. Il serait grand temps que nos décideurs, à tout niveau, l’entendent. Je n'en peux plus du désormais fameux "de toute façon, une fois élus, ils font ce qu'ils veulent"...

Comment peut-on être convaincu, sans arrogance et prétention, que lorsque l’on est élu, on connait ce qui est bon pour le citoyen pour les 6 années à venir ? : « je suis élu donc je sais ! » et exercer sans hésitation, sous une forme d’oligarchie éclairée, un pouvoir absolu sur les compétences de la collectivité.

Au niveau local, il ne s’agit plus seulement d’agir pour le citoyen mais d’agir avec lui : lui donner régulièrement la parole et le prendre en compte dans toute sa dimension : chaque voix compte. C’est l’égalité.

Les décideurs politiques se doivent de faire participer les citoyens aux décisions sous quelque forme que ce soit et savoir renoncer lorsque leur projet n’est pas majoritaire. Le citoyen doit lui, réapprendre à accepter les décisions prises en toute transparence dans l'intérêt général même si elles ne lui sont pas directement favorables : c’est une des expressions de la fraternité.

Une des libertés citoyennes est de pouvoir s’exprimer et surtout d’être entendu quel que soit sa condition : la démocratie participative devrait s'imposer d'elle-même aux détenteurs du pouvoir. Elle peut prendre des formes multiples selon les sujets et leurs importances : simple questionnement sur les réseaux sociaux, réunions de quartier, interventions du citoyen autorisées en conseil municipal, sondage, référendum… Nous pourrions alors espérer ré-intéresser les habitants d’une ville à la politique locale.

C’est évidemment valable pour la municipalité de Saint-Renan (élue avec 1 668 voix en mars 2014 soit 28% des Renanais inscrits sur les listes électorales !) : création d’un parking à 200 000 € sur la base d’un permis de construire d’une salle, qui elle, ne sera pas construite ; abattage d'arbres superbes sans en informer le quartier ; fermeture d'autorité du centre de loisirs 3 semaines en août ; Travaux de voirie engagés sans informer les riverains ; aucune prospective sur les travaux à venir (on apprend, au détour d’une inauguration, que l’espace culturel sera sans doute agrandi) ; création d'une salle de sport pour le futur collège dans un emplacement qui ne convient pas aux principaux utilisateurs …

Sur les projets, les solutions d’informations et de consultations des Renanais sont nombreuses mais aucune de ces possibilités ne sont utilisées. C’est dommageable dans ce contexte de défiance à l’égard des décideurs politiques : La proximité sans l’écoute et sans la prise en compte des observations sont, pour moi, inexcusables au niveau local.

Voeux et démocratie... ou voeux de démocratie !

Rédigé par Serge ODEYE

Publié dans #organisation municipale

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