De la bonne gestion des communes !

Publié le 8 Mars 2015

Ayant eu la chance d'être gestionnaire d'une petite commune (secrétaire général) et, maintenant, directeur financier d'une PME, conseiller municipal de St Renan, je m'interroge sur la bonne gestion des communes et des collectivités territoriales en général.

Aujourd'hui, l'évaluation des politiques communales est à son niveau le plus faible : Est-ce que quelqu'un peut me dire si l'argent des impôts est mieux ou moins biens utilisés dans telle ou telle commune ? Je ne parle pas seulement des choix d'investissement dans un équipement mais de la gestion de ses compétences au quotidien.

Par exemple,

Est ce que les moyens dédiés aux services généraux (état civil, urbanisme, élections, direction générale) sont-ils dans la norme dans ma commune ?

Dans le domaine de l'enseignement, les communes s'occupent des bâtiments scolaires et de l'encadrement hors enseignants : Est-ce que les dépenses annuelles rentrent dans un ratio par élève correct ? D'où proviennent les différences, le cas échéant, entre les écoles publiques et privées ? 

Dans le domaine culturel, les dépenses pour la médiathèque sont elles à la hauteur du nombre d'habitant, sa fréquentation est-elle dans une norme nationale, départementale?, les dépenses culturelles sont de quel montant par habitant ?

Dans l'entretien des voiries, des réseaux d'eau et s'assainissement, l'investissement annuel est-il conforme aux autres collectivités par rapport à ses caractéristiques (longueur, diamètre, nature...) ?, ce niveau est-il suffisant pour s'assurer un renouvellement complet et serein en fonction de la durée de vie de ces réseaux ? les moyens dédiés aux espaces verts en fonction de leurs surfaces rentrent-il dans une norme ?

Dans le domaine sportif, les dépenses par habitant font-elles de ma commune une commune sportive ?

Dans le domaine social, les compétences obligatoires sont elles remplies ?, y-a-t 'il une correspondance entre le niveau social des habitants et les dépenses sociales ? le ratio de personnes aidées sur le nombre d'habitant est-il normal ?, le montant moyen de l'aide directe (bon repas, aide aux dépenses énergétiques...) est de combien ?

Même les grands ratio de gestion édités par le trésor public sont mis à mal par la prolifération des budgets "annexes" créés à l'envie par les municipalités et qui ne sont pas inclus dans les analyses du trésor public. C'est comme ça que, par exemple à Saint-Renan, les emprunts liés à la politique petite enfance sont exclus des ratios d'endettement du trésor et que dans d'autre commune, c'est une salle de spectacle...

Aujourd'hui, à la tête de nos communes, nous devrions avoir d'excellents gestionnaires et le citoyen devrait être en mesure de faire un choix aux élections en fonction de ces critères de gestion. Cela n'empêcherait pas la politique mais elle serait basée sur des critères objectifs.

Cela passe à mon avis par une petite révolution :

  1. Responsabiliser le maire en lui "donnant le chéquier" : aujourd'hui il ne peut pas faire le moindre paiement direct d'une facture, il doit systématiquement passer par le trésorier public même pour remplacer une poignée de porte (c'est le principe, totalement suranné, de séparation des ordonnateurs et des comptables) !
  2. Donner le rôle de contrôleur de gestion au trésorier public qui serait chargé de l'analyse objective des comptes publics (permettant d'éviter les dérives du 1/) en incluant tous les budgets annexes comme le font déjà les banquiers quand ils doivent prêter à une collectivité.
  3. Rendre obligatoire une politique systématique d'amortissement (sans doute adaptée au secteur public) : schématiquement, l'amortissement permettrait de s'assurer que le remplacement du bien à l'identique soit assuré par un financement basé sur la durée de vie du bien. Aujourd'hui une collectivité peut investir dans ce qu'elle veut sans jamais prévoir son renouvellement ! c'est inadmissible. Ces amortissements pourraient a minima rentrer dans le calcul des différents ratios pour intégrer les investissements réalisés dans le coût de l'exercice des compétences communales.

 

Notre démocratie locale est malade car finalement très peu démocratique, il faut redonner au citoyen le moyen d'évaluer objectivement la politique menée pour voter en connaissance et lui redonner confiance.

Rédigé par Serge ODEYE

Publié dans #finances, #organisation municipale

Repost 0
Commenter cet article